Chapelle Sainte Cécile - Briec de l'Odet

Cette chapelle est datée de la fin du XV° ou du début du XVI° siècle. Avant la réfection de la toiture en 1983, les charpentes de la nef étaient de style différent de celles des transepts et du chœur. Dans le transept nord on distingue nettement des tons de pierre différents dont l'un semble indiquer sa cohérence avec une toiture. Dans le coin sud de la nef on remarque aussi un sacraire attestant la présence d'un autel à cet endroit .
Située dans le sud Finistère, non loin de Quimper, elle est la seule chapelle de la pointe bretonne à être dédiée à sainte Cécile, la patronne des musiciens.


Vue aérienne montrant l'environnement actuel de la chapelle.
La trêve de Ste Cécile comptait 473 habitants en 1769. La sacristie est construite dans le but de logement d'un prêtre, avec la cheminée et l'évidement dans le mur pour évacuer les eaux sales. Mais on ne voit pas de trace de fumée sur le mur de la cheminée. Il est probable que le prêtre affecté à la chapelle trouvait à se loger et à se nourrir dans les maisons de la trêve. En même temps il administrait les sacrements, assistait les mourants et instruisait les enfants .
 Les offices étaient célébrés chaque dimanche jusqu'en 1969.
Le catéchisme y était enseigné aussi le jeudi pour deux groupes d'enfants, d'âge différents, scolarisés à l'école publique de Pénity .

Les particularités

Ce que vous pourrez découvrir et que l’on voit peu ailleurs :

- Un saint Marc solide sur ses jambes et dans ses convictions, en granit polychrome

- Un retable polychrome de dimension respectable présentant une Cène qui peut se passer de commentaire, tant elle est expressive. Les disciples de Jésus y sont représentés en discussion animée, ne sachant pas encore lequel va trahir Jésus. Les gestes de mains peuvent être assimilés à des gestes de vilains. Ils sont prêts à en venir au pugilat pour ramener le renégat à la raison. Ceci contraste avec le poème dans lequel Prévert fait une satyre de la religion :

  •  « Ils sont à table
  • Ils ne mangent pas
  • Ils ne sont pas dans leur assiette
  • Et leur assiette se tient toute droite
  • Verticalement sur leur tête. »

- Prévert (1900-1977) tourne en ridicule les disciples de jésus que l’on voit plus souvent dans une attitude figée, passive et soumise, où rien ni personne ne bouge. Ce poème impertinent est une message de l’anticléricalisme ambiant.

On y aperçoit aussi Jean, le plus jeune, sur les genoux de Jésus. De l’autre côté de la table Judas tient la bourse de ses 30 écus. Mais dans une attitude tordue, regarde déjà si la porte de sortie est ouverte, semblant regretter son geste.

- Des statues dans des niches à volets ; Ici cinq  d’entr’elles. Pourquoi autant ? 

- Les volets de la statue de saint Maurise sont les plus significatives. Le commanditaire de l’œuvre y a fait représenter saint Corentin, saint Pierre, saint Paul et saint Ambroise. Si les trois premiers sont bien connus, saint Ambroise l’est moins. S’iI est présent ici, ce ne peut être que parce qu’il fait partie du premier quatuor de Pères de l’église, reconnus Docteurs en 1295 par le Pape Boniface VIII.
- Avec un peu de chance vous découvrirez aussi Jésus sur la croix avec une couronne royale et non d'épines. Il est vrai que les juifs attendaient un roi !

Archives à consulter par simple clic

Bulletin de la société archéologique du Finistère du 12 juillet 1873

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Extrait du manuscrit de René Couffon & Alfred Le Bars
Répertoire des Eglises et chapelles du Diocèse de Quimper et Léon

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